Faire autrement, voir autrement

L’usine à idées de Philippe Dancause

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La nécessité de voir ensemble… et nos résumés de la semaine sur Grisvert.com.

6 février 2011 · Pas de commentaire

Je prends un moment pour pointer vers mes réflexions hebodomadaires publiées sur le site de Grisvert.

Il semble que notre trop plein de travail des derniers mois nous ait poussé à trouver un moyent de survie de nos réflexions!  Toutes les semaines, chacun des membre de l’équipe poste un court (des fois long!) résumé de sa semaine.

C’est le moment où certaines des réfelxions que nous avions l’habitude d’étendre sur notre blogue se retrouvent.  Passez nous y voir!

En attendant, ma réflexion de la semaine me semble mériter un billet, question de pouvoir y référer dans le futur.

De la nécessité de voir ensemble:

Début de semaine consacré à concevoir le détail d’un processus de collaboration vécu mercredi auprès d’une équipe de direction. Ce processus avait pour objectif de permettre à ce groupe de réfléchir à ce qu’est la gestion et à leur capacité à accroître leur collaboration. Une très belle journée avec une équipe de personnes toutes plus compétentes les unes que les autres. Cette force individuelle m’a permis de voir à quelle point l’efficience et l’efficacité d’une équipe n’a pas de lien avec la somme des compétences de ses composantes. Non pas que celles-cies ne soient pas nécessaires (en fait, elle sont probablement une condition de départ) mais plutôt qu’elle ne révéleront pas tout leur potentiel (ou, comme j’aime le dire, qu’elle vont faire du 25L/100km plutôt que du 4L/100km!) si les membre de l’équipe ne développent pas leur connaissance de « l’autre » et une « vision collective de ce qui est important ».

Cette capacité à « voir ensemble » m’a paru incroyablement importante lors de cette rencontre. L’exploration collective des enjeux et l’émergence de priorités perçues par le groupe a permis de cristalliser les aspirations et les passions de chacun des membres de l’équipe. Quelle impression de force, de libération et d’alignement des énergies individuelles on a pu sentir en fin de journée!  C’est comme si chacun voyait enfin ce que le groupe tentait d’atteindre et de devenir!

Ceci me ramène à certains thèmes explorés sur mon blogue au cours des dernières années (notions de dialogue, de capacités à poser les bonnes questions (et ici!) , de vivacité organisationnelle, etc.) et surtout au besoin fondamentale de tout groupe à se créer des espaces pour penser et voir ensemble. Pas des réunions de coordinations!!!  De réels moments où un groupe peut se poser des questions et prendre le temps d’utiliser la vision de chacun pour faire émerger de nouvelles idées et de nouveaux chemins possibles. Ces occasions permettent à chacun de contribuer avec son point de vue (littéralement sont angle de vision sur la question!) et d’intégrer celui de ses collègues pour ultimement voir émerger de « nouveaux possibles », de nouvelles évidences, de nouvelles directions.  Ces moments constituent des points de synthèses périodiques qui permettent à un groupe de régénérer leur vision collective et de concentrer leurs énergies sur les bonnes choses.

Ceci me mène à un autre moment de ma semaine où j’ai effectué des rencontres individuelles de suivi chez un client avec qui j’effectue une réflexion stratégique. Celui-ci me confiait à quel point il était « facile de prendre des décisions difficiles  » (!) quand on sait clairement où on s’en va! C’est toute la force d’un processus de visionnement, d’exploration et de questionnement collectif.

Je termine sur ce sujet (qui fut en fait le thème émergent de ma semaine !) en constatant que la plupart des organisations accordent trop peu de temps à ces moments d’explorations en groupe. On se limite à de rares lacs à l’épaule lorsqu’on sent qu’il est trop difficile d’avancer sans prendre le moment de se parler….  Peu d’organisions pensent à créer de tels moments à l’intérieur des opérations quotidiennes. Ceux qui réussissent le mieux sur ce point comprennent que certains sujets ou certaines questions fondamentales doivent être approfondis afin de permettre au groupe d’avancer efficacement. Ils comprennent aussi qu’il est improductif d’attendre 6 voir 12 mois avant de leur dédier quelques heures. À ce titre, j’explore depuis quelques années les diverses formules qui permettent à une équipe de créer de tels moments périodiquement à travers la vie courante de l’organisation. Plusieurs formules fonctionnent et sont faciles à mettre en place (par exemple, je travaille avec des équipes de direction qui ont décidé de consacrer un comité de direction par mois (1 sur 4) à approfondir 1 ou 2 sujets clés pour leur organisation). Toutes exigent cependant de comprendre la nécessité d’identifier les questions les plus importantes pour le groupe et d’y consacrer un temps commun nécessaire.

Voilà pour ma pensée de la semaine!

Je vous laisse en vous recommandant cet article de l’Agora sur le dernier livre d’Edgar Morin intitulé « la voie ». Pour vous donner l’eau à la bouche, voici quelques citations que cet article tire du livre :


Pour agir il faut espérer. « La Voie » est d’abord destiné aux jeunes dont plusieurs sont désespérés au point de ne pas vouloir mettre d’enfant au monde. Il se termine sur ces pensées: «L’espérance est ressuscitée au cœur même de la désespérance. L’espérance n’est pas synonyme d’illusion. L’espérance vraie sait qu’elle n’est pas certitude, mais elle sait que l’on peut frayer un chemin en marchant (« caminante no hay camino, se hace el camino al andar »). L’espérance sait que le salut par la métamorphose, bien qu’improbable, n’est pas impossible. Mais l’espérance n’est qu’illusion si elle ignore que tout ce qui ne se régénère pas dégénère. Comme tout ce qui vit, comme tout ce qui est humain, les voies nouvelles sont sujettes à dégradations, avilissements, scléroses. »

et

«Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre, ou bien se révèle capable de susciter un méta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose.» Cette idée de métamorphose est plus proche de celle de résilience que de celle de révolution: « La notion de métamorphose est plus riche que celle de révolution. Elle en garde la radicalité novatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, des cultures, du legs de pensées et de sagesses de l’humanité).
bonne semaine!
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Catégorie(s) : Pratiques et façons de voir

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