Le carré de sable de Caroline
Chaque semaine, un des membres de l’équipe partage avec plus de détails son parcours et ses réflexions.
La semaine dernière, j’ai vécu ma première expérience d’accompagnement de groupe sans la présence physique de mes collègues. C’était avec 32 agents de développement culturel pour le Réseau des Villes et villages d’art et de patrimoine. Même si je le savais déjà au fond moi, j’ai réalisé pourquoi notre travail ne se résume pas à animer des ateliers, mais bien à accompagner des individus, à orchestrer des rencontres, à tenir des espaces dans lesquels ils peuvent réfléchir, interagir et cheminer librement tout en étant guidés.
Il y a environ 2 mois, quand j’ai commencé le travail sur ce mandat, j’ai dit à Jean-Sébastien que je n’étais pas nerveuse pour cette première facilitation. Il m’a répondu avec une note d’humour que c’était parce que je ne savais pas ce qui m’attendait. J’ai compris, en le vivant, ce qu’il voulait dire et ce que ça représente comme responsabilité de tenir un espace, d’être une référence fiable pour le groupe, de comprendre l’enjeu vécu et de « livrer » un résultat. J’ai aussi compris l’importance de travailler à partir d’un design souple et d’être prête à le modifier en tout temps. Cela nécessite une très bonne écoute et une excellente flexibilité. J’en ai d’ailleurs eu besoin vendredi matin, je vous raconte pourquoi. C’était la deuxième journée du colloque et j’avais imaginé une activité de convergence inspirée du Pro-action Café, dans laquelle les participants devaient proposer et approfondir des pistes d’actions. Cette formule suggère normalement 3 rondes d’échanges (avec changement de place) autour des pistes d’action proposées dans le but de polliniser les idées. En donnant les consignes pour l’activité, je sentais que le groupe était beaucoup plus passif et endormi que la veille. J’ai tout de même lancé la première ronde d’échange avec une première question et j’ai observé ce qui se passait. J’ai attendu quelques minutes et j’ai interrompu les échanges. J’ai dit ceci aux participants : « vous savez quoi, il n’y aura pas 3 rondes d’échanges, ni trois questions autour des pistes d’action que vous avez proposées. Je ne vais donc pas vous faire changer de place parce que je ne sens pas que c’est ce qu’il faut faire ce matin. Prenez plutôt le temps d’approfondir vos pistes d’action en petits groupes fixes, pour la prochaine demie-heure et on en reparle en plénière tout à l’heure. »
Après l’exercice, plusieurs participants sont venus me voir pour me dire merci d’avoir écouté et senti ce qui se passait dans le groupe parce qu’ils n’avaient effectivement pas envie de changer de place pour travailler sur plusieurs pistes d’action, ils avaient simplement besoin de temps pour approfondir une seule d’entre elles en petits groupes. Comme quoi, ça ne sert à rien de rester collé à une formule, même si elle a été gagnante dans d’autres contextes, si ce n’est pas ce que le groupe a besoin.
Le colloque s’est donc terminé sur une belle note, et je travaille sur la récolte une partie de cette semaine et la suivante. Belle première expérience !
Ce qui occupe les autres membres de Grisvert
La semaine dernière, Jean-Sébastien a expérimenté une méthode d’intervention avec le CLD de Québec, permettant au groupe (200 personnes) de proposer et de développer en 4 heures, des orientations, des cibles et des indicateurs. L’idée était que le groupe puisse « voir » le travail en direct. De grands panneaux d’affichage ont été utilisés, sur lesquels les équipes (36 tables de 5 personnes) venaient déposer le fruit de leur travail à la fin de chacune des trois rondes de travail. Un beau succès selon les échos qu’il a eu du client et des participants. Il faut savoir que cette rencontre faisait partie d’une séquence d’étapes et que les étapes de divergence et d’émergence avaient déjà été réalisées, ce qui a permis d’avoir une convergence en seulement quatre heures. Cette semaine, il prépare une conférence pour le Forum des artisans du changement ainsi que des animations pour le GTN Québec, la rencontre « bilan » du plan quinquennal de la CRÉ de l’Abitibi-Témiscamingue et le Québec Technoculture Camp. Il démarre aussi un mandat avec la Ville de Québec pour accompagner un arrondissement dans son plan stratégique. Sa suggestion de lecture cette semaine est un article de Peggy Holman qui résume très bien son dernier livre, Engaging emergence : Emergence and the future of society.
Philippe a eu une semaine bien remplie en France où il a donné deux formations à Toulouse et Nantes sur le redressement de projets et les sociodynamiques que ces contextes provoquent. Il a partagé qu’il a pu apprécier les réactions des participants lorsqu’ils apprennent à décoder les types de complexités à l’oeuvre dans les contextes des projets. Il est très difficile, quand on comprend bien ces facteurs, de gérer les changements et le design des projets de la même façon! Ses lectures du moment Thinking in Systems: A Primer de Donella H. Meadows. Une belle intro à la pensée systémique. Toujours intéressant de lire des livres d’introduction afin d’apprendre à mieux vulgariser.

Une équipe réfléchissant à la complexité dans le cadre de la formation au redressement de projets donnée par Philippe en France la semaine dernière
Étienne aussi a eu une semaine bien remplie et très diversifiée. Plusieurs rencontres de travail pour avancer dans le mandat chez Desjardins, principalement pour préparer le transfert d’expertise à réaliser auprès des conseillers internes; une rencontre exploratoire avec un client potentiel pour comprendre son besoin; la préparation de plusieurs interventions à venir et finalement l’animation d’un atelier interactif pour le Réseau réussite Montréal qui avait invité les intervenants touchés par le programme d’éveil à la lecture et à l’écriture (PAÉLÉ) à venir réfléchir aux solutions à mettre de l’avant relativement aux enjeux associés à ce programme.
Photo d’entête prise par J-S Bouchard lors d’un atelier de travail animé à la Forêt Montmorency, novembre 2011.
