Récolte hebdomadaire – 15 avril

Récolte hebdomadaire – 15 avril

Chaque semaine (ou presque), les membres de l’équipe de Grisvert partagent leurs réflexions et commentent le chemin parcouru.

Étienne

Pour ma récolte de la semaine, je vous propose de vous plonger dans l’un de mes mandats : l’accompagnement d’une municipalité (ville Saguenay) dans l’élaboration d’un plan de développement durable pour qu’elle devienne une organisation écoresponsable au cours des prochaines années. La démarche retenue par les dirigeants de la ville a ceci de particulier : pour eux, la participation et l’implication du plus grand nombre possible des 1500 employés dans l’élaboration de ce plan de développement durable était une condition de succès incontournable. Ils sont convaincus que c’est la seule façon d’arriver à faire évoluer la culture corporative et les comportements de leurs employés malgré l’avis de certains « experts » qui prônent une approche traditionnelle beaucoup plus « top down ». Pour eux, l’enjeu était de savoir comment y arriver! Comment « CO-CRÉER » un plan de développement durable avec le plus grand nombre d’employés possible afin de maximiser l’adhésion et de diminuer la résistance face aux changements de comportements à venir.

Ceux qui nous lisent régulièrement, savent que la ville a fait appel à Grisvert pour leur proposer une démarche de « co-création » de leur plan de développement durable et les accompagner dans la réalisation de cette démarche. Depuis septembre dernier, je collabore donc avec les responsables du projet pour préparer le terrain afin que les conditions de succès requises pour une telle démarche soient présentes. Au cours des deux dernières semaines, même s’ils en entendaient parler depuis plusieurs mois, la démarche est devenue concrète pour plusieurs employés de la ville (en réalité, il s’agissait des deux premières rencontres d’une série de trois rencontres identiques qui constituent la première phase de la démarche de co-création, la seconde phase, la priorisation des propositions, viendra en mai prochain).

6 et 12 avril, 8 h 30 : les portes s’ouvrent pour laisser entrer les participants qui affichent un air déconcerté! Une salle immense, un grand cercle de chaises… des tables qui brillent par leur absence, pas d’écran de projection… la musique du Cirque du Soleil surprend… Les gens sont invités à prendre place et l’initiateur de cette rencontre se présente au milieu du cercle…

Silence. Vous imaginez la scène?

C’est ainsi qu’employés, gestionnaires et élus municipaux de cette ville québécoise ont vécu leur premier contact avec l’approche du Forum ouvert.

« Comment faire de notre ville une organisation écoresponsable? » était la question posée aux participants. Lors de chacune des rencontres, trois rondes ont permis de produire plus de 20 rapports d’ateliers, affichés comme il se doit pour consultation.

En fin d’après-midi, les participants ont travaillé leur engagement personnel en précisant ce qu’ils allaient faire personnellement pour faire leur part et ainsi devenir des travailleurs plus écoresponsables. Ils l’ont ensuite énoncé en petits groupes de 4 à 5 personnes, question d’en faire une affaire publique. Dans le cercle de fermeture, certains ont annoncé leurs engagements pour stimuler le passage à l’action de la part de l’ensemble des participants.

Finalement, suite à l’invitation de la direction, plusieurs se sont portés volontaires pour participer à la seconde phase : la priorisation des idées et à l’établissement des différents plans d’action. Je vous invite à lire la récolte de Caroline qui m’accompagnait lors de ces interventions pour plus de détails.

Comme le dit la chanson : « ce n’est pas fini, ce n’est qu’un début… »  À suivre!

Caroline

Cette semaine et la précédente, j’ai joué un rôle de soutien à l’animation avec Étienne pour deux ateliers portant sur le développement durable. Ces deux ateliers étaient organisés à Jonquière par la Ville de Saguenay et s’inscrivent dans le cadre d’une démarche visant à faire de la ville une organisation écoresponsable. La formule suggérée pour les ateliers était le Forum Ouvert. Comme le mentionne Étienne, la ville de Saguenay rassemble les employés de ses différents services (travaux publics, communications, police, immeubles et équipements motorisés, arts, génie, etc.) pour les inviter à réfléchir ensemble sur la question du développement durable et plus particulièrement, sur comment faire de la ville de Saguenay une organisation écoresponsable? La pratique du Forum Ouvert se prête bien pour ce type de rencontres parce que les gens arrivent avec des préoccupations et des questions qui leur tiennent à cœur et pour lesquelles ils ou elles auront la possibilité d’échanger parce qu’une fois sur place, ils construiront ensemble le programme de la journée.

D’une journée à l’autre, les sujets proposés se sont principalement regroupés autour de la récupération des objets désuets, de la politique d’achats locaux, du registre des arbres urbains patrimoniaux, de la santé (exercice, alimentation) sur le lieu de travail, de l’eau potable, des ressources en ligne, de la récupération de papier, du règlement d’urbanisme vs l’écoresponsabilité, des produits dangereux, du compostage, des transports alternatifs, de la pollution lumineuse, de la protection des rives, du programme d’Intégration et d’Implantation architecturale et de la culture comme pilier du développement durable.

Au sujet de la culture, une participante a partagé au groupe qu’il est important de savoir que le développement durable ne concerne pas uniquement l’environnement, mais aussi toute la notion de culture, qui est trop souvent oubliée. Elle a d’ailleurs dit ceci :

« Développer durablement les organisations, les milieux de vie, les populations est la somme de trois sphères. Sociale, économique et environnementale. En effet, en mettant en relation ces trois facteurs de développement, nous produisons des activités, des réflexions et des actions qui respectent la vie, le développement économique (moteur de notre monde) et les liens sociaux entre les individus. »

Elle a précisé que la culture représente ce qui définit une société, ce qui procure un sentiment de bonheur, d’accomplissement de soi et social, qu’elle représente la participation à la vie citoyenne et l’inclusion sociale. Selon cette participante, la culture est un outil de développement personnel, et un moyen de développer le sentiment d’appartenance, d’identité, donc un outil de développement durable.

La raison pour laquelle je vous parle de cette participante, est que dans un forum ouvert, il se peut que certains ateliers n’attirent pas autant de gens que souhaité, et parfois même qu’on se retrouve tout seul dans l’atelier qu’on a proposé. C’est ce qui arrivé à la participante. Finalement, son atelier a été repris en après-midi, mais sur le coup, voyant que personne ne se présentait, elle a choisi non pas d’aller vers un autre atelier, mais de réfléchir individuellement, en allant s’asseoir à un ordinateur et en prenant une heure pour rédiger quelques pages sur son sujet d’atelier qui manifestement lui tenait à cœur.

En terminant, j’aimerais vous partager une adresse coup de cœur à Jonquière, l’Auberge les Deux-Tours au 2522, Saint-Dominique, où j’ai trouvé l’accueil et l’hébergement des plus chaleureux lors de mon séjour les 6 et 11 avril derniers.

Jean-Sébastien

Très intéressant les récoltes d’Étienne et Caroline. Lundi prochain, c’est moi qui serai au Saguenay avec Étienne. J’ai bien hâte de vivre ça! En plus que je n’ai jamais vu Étienne animer un forum ouvert. On m’a dit qu’il est super bon!

Je termine une belle semaine d’animation! D’abord, dans le cadre de la Rencontre internationale de QUÉBEC — Définir la relation ville-port de demain et ensuite, en coanimation avec Philippe, pour l’événement Géospatial Québec en mode solutions.

Mardi matin, j’animais un World Café dans le cadre du colloque international sur les relations ville-port. La Chambre de commerce m’avait demandé, l’hiver dernier, d’accompagner le comité organisateur dans la conception et l’animation de la dernière étape de leur colloque. Cette étape devait initialement se dérouler en ateliers pour se clore par une Déclaration de Québec qui devait faire consensus parmi les participants.

Ensemble, nous avons exploré le cadre dans lequel il était possible d’évoluer avec le groupe. Finalement, nous en sommes venus à laisser tomber la Déclaration de Québec. Avec le temps dont nous disposions, il était impossible de construire un consensus autour d’un document qui, en plus, était déjà presque entièrement rédigé avant l’événement. Nous avons plutôt convenu d’utiliser les quatre heures qui étaient prévues pour offrir aux participants une activité qui leur permettrait de créer des liens entre leurs expériences personnelles et les concepts et exemples qui avaient été présentés lors de la première journée du colloque (journée avec des conférences, en mode traditionnel) et de faire émerger un sens commun en conclusion.

L’animation du mardi matin a donc pris la forme d’un World Café en trois rondes. En plus du travail habituel des hôtes de tables, nous comptions sur trois équipes de rapporteurs qui avaient à produire des synthèses thématiques pour la clôture de l’événement.

L’exercice s’est déroulé à merveille. Les participants, d’abord déstabilisés, ont rapidement plongé dans le flot de conversations! Et en plénière, j’ai assisté à une des plus belles émergences qu’il m’ait été donné de voir dans un World Café. Les synthèses des rapporteurs sont venues soutenir cette émergence pour fournir des pistes claires pour le futur des villes portuaires. Cet extrait du bilan de l’événement résume bien les conclusions :

… Il apparaît nécessaire de revoir les modèles et les pratiques de la relation ville-port. On ne parle plus de relation ville-port, mais bien de ville portuaire, terme qui conviens mieux à deux entités aussi étroitement liées. Il apparait également important d’établir un système et une culture de la concertation. Cette idée de dialogue permanent et en amont entre les parties prenantes a été soulevée à maintes reprises durant la rencontre, et ce, pour arriver à une solution partagée qui respecte les intérêts des différentes parties prenantes.
L’idée de méconnaissance du port et de ses usages par la population a également été soulevée. Il importe de faire connaître et comprendre aux citoyens, non seulement l’utilité d’un port dans leur ville, mais aussi la signification qui entoure celui-ci, en favorisant l’information et la formation continue sur le sujet.
« De par les échanges intenses et engagés, j’ai le sentiment qu’on ait pu dégager un réel bilan de cette rencontre et de conclure sur des pistes de réflexion » ont souligné avec enthousiasme MM. André Stainier, Président des Amis de la vallée du St-Laurent et Me Luc Paradis, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.

L’idée du dialogue en continu entre les parties prenantes était vraiment forte, tout comme le fait que les consultations ne font plus partie de la solution et que l’on doit absolument faciliter la concertation autour des potentiels et des objectifs de développement afin de cocréer des projets acceptables pour tous.

Jeudi, Philippe et moi animions une rencontre qui réunissait une trentaine d’acteurs du domaine géospatial de la région de Québec. Une superbe journée qui a permis à quatre projets de collaboration d’émerger. J’étais avec le comité organisateur ce matin et le bilan était très positif! Il y a déjà une autre rencontre de prévue dans un mois afin de donner une impulsion à ces projets.

La photo d’entête montre Philippe et moi à l’oeuvre dans un mapping collaboratif des tendances en matière de géospatial.

Les choses se précisent pour l’atelier sur le leadership participatif et authentique de juin prochain (5 au 7)! Le lieu est trouvé — un vignoble sur l’île d’Orléans — le chef cuisinier est réservé — Jasmin du Charbon — et mes amis innus préparent le camp — tipis, shaputuan, et quelques outardes et castors pour le makusham. L’invitation complète sera lancée dans les prochains jours! Une petite mosaïque de photos pour vous donner le goût : on apportera un peu de l’esprit du Nord dans le Sud, avec les commodités modernes et les deux pieds bien ancrés. On se fait plaisir et on va faire plaisir aux participants!