Chaque semaine (ou presque), les membres de l’équipe de Grisvert partagent leurs réflexions et commentent le chemin parcouru.
Jean-Sébastien
D’abord, souhaitons la bienvenue à Myriam, la seconde fille d’Étienne et de Geneviève qui est née samedi dernier. Vous comprendrez donc qu’Étienne est exempté de récolte cette semaine! Bravo aux parents!
Ensuite, nous annonçons l’arrivée officielle de Caroline Durand au sein de l’équipe. Elle collabore avec nous depuis les débuts de Grisvert, mais maintenant qu’elle a terminé sa maîtrise et que nous avons de plus en plus de travail, nous pouvons nous offrir le luxe de l’avoir avec nous à plein temps! Bienvenue Caroline!
Enfin, j’ai passé la dernière semaine en Europe. J’en suis encore à décanter toutes les rencontres, les observations et tous les apprentissages de la semaine. J’ai commencé à publier mes carnets de route sur mon blogue personnel. J’en ai 5 de publiés, il y en aura 3 ou 4 autres au fil des prochains jours!
- Carnet de route 1 / Le plan
- Carnet de route 2 / Québec… à Québec
- Carnet de route 3 / Québec à Jyvaskyla
- Carnet de route 4 / Team Academy
- Carnet de route 5 / l’ombre et la lumière
Caroline
Cette semaine a été riche en réflexions. Ça fait un petit bout que l’idée a été mise sur la table, Grisvert tente de développer une méthode d’analyse de récolte d’animation bien à elle pour accompagner les groupes dans la création de sens, à partir de ce qui est fait sur le terrain. Notre défi : innover ensemble pour développer une approche de récolte et d’analyse de récolte unique, significative et adaptée à nos mandats et à nos clients.
Avant de me lancer dans ce projet, en début de semaine, j’ai fait appel à mon ami Chris Corrigan, qui met en pratique et documente par le biais de ses propres interventions, l’Art of Harvesting, comme approche de récolte et de création de sens. Je lui ai demandé de me guider en me partageant ce que veut dire pour lui récolter de manière significative.
Chris m’a répondu ceci :« Depends on so much. Which means there is no rule or tool but rather a principle. The principle would be this: « Participatory process, participatory harvest. » the primary tool I use is diversity. Be careful, use what is appropriate and try to never have a place where one point of view dominates the meaning making.»
Après avoir parlé à Chris, j’ai réfléchi. Je me suis demandé comment faire pour impliquer les individus dans la création de sens ou comment interpréter collectivement le fruit de leurs échanges. Je me suis aussi demandé comment on pouvait les aider à découvrir eux-mêmes la signification et comment accueillir la diversité dont parle Chris. Je me suis rappelé ce que Pierre Lévy disait : «Je fais le pari que, dans la civilisation mondiale en voie d’émergence, l’intelligence — ou la sagesse — collective sera reconnue explicitement comme la principale force motrice du développement humain et que, symétriquement, le développement humain — l’amélioration du sort des personnes et l’épanouissement de leur potentiel — sera perçu comme la condition de possibilité essentielle de la croissance de l’intelligence collective.» (Lévy, 2010) Dans cette perspective, l’idée est de faire une place à l’intelligence collective, mais surtout de la rendre visible pour les acteurs. Comment s’y prend-on? À suivre.
Ces questions invitent à une profonde réflexion et seront à la source de mon travail auprès de Grisvert, pour les prochains mois. J’explorerai et rassemblerai des outils et techniques de récolte et d’analyse, je consulterai les principaux acteurs des différents mandats, et garderai en tête que la récolte et l’analyse sont un processus participatif et créatif. Je tenterai ainsi de répondre à ces questions en développant une méthode sur mesure qui porte l’essence de ce qu’est Grisvert et de ce que fait Grisvert. Vous découvrirez aussi en même temps que moi, et par le biais de mes récoltes hebdomadaires, ce qu’est l’Art of Harvesting et comment cela s’inscrit en complémentarité avec l’Art of Hosting que Jean-Sébastien, Philippe et Étienne placent déjà au cœur de leurs mandats, à travers les designs de collaboration qu’ils créent.
Philippe
Note: Phil a écrit cette récolte il y a une dizaine de jours
Belle et bonne semaine, reconfigurée par la neige qui m’a fait passer une nuit de plus à Montréal (occasion inattendue de passer la soirée avec ma mère et mon frère! De belles conversations et pleins d’idées!)
Début de semaine consacré à concevoir le détail d’un processus de collaboration vécu mercredi auprès d’une équipe de direction. Ce processus avait pour objectif de permettre à ce groupe de réfléchir à ce qu’est la gestion et à leur capacité à accroître leur collaboration. Une très belle journée avec une équipe de personnes toutes plus compétentes les unes que les autres. Cette force individuelle m’a permis de voir à quel point l’efficience et l’efficacité d’une équipe n’ont pas de lien avec la somme des compétences de ses composantes. Non pas que celles-ci ne soient pas nécessaires (en fait, elles sont probablement une condition de départ), mais plutôt que l’équipe ne révélera pas tout son potentiel (ou, comme j’aime le dire, qu’elle va faire du 25L/100km plutôt que du 4L/100km!) si les membres de l’équipe ne développent pas leur connaissance de «l’autre» et une «vision collective de ce qui est important».
Cette capacité à «voir ensemble» m’a paru incroyablement importante lors de cette rencontre. L’exploration collective des enjeux et l’émergence de priorités perçues par le groupe a permis de cristalliser les aspirations et les passions de chacun des membres de l’équipe. Quelle impression de force, de libération et d’alignement des énergies individuelles on a pu sentir en fin de journée! C’est comme si chacun voyait enfin ce que le groupe tentait d’atteindre et de devenir!
Ceci me ramène à certains thèmes explorés sur mon blogue au cours des dernières années (notions de dialogue, de capacités à poser les bonnes questions, de vivacité organisationnelle, etc.) et surtout au besoin fondamental de tout groupe de se créer des espaces pour penser et voir ensemble. Pas des réunions de coordinations!!! De réels moments où un groupe peut se poser des questions et prendre le temps d’utiliser la vision de chacun pour faire émerger de nouvelles idées et de nouveaux chemins possibles. Ces occasions permettent à chacun de contribuer avec son point de vue (littéralement son angle de vision sur la question!) et d’intégrer celui de ses collègues pour ultimement voir émerger de «nouveaux possibles», de nouvelles évidences, de nouvelles directions. Ces moments constituent des points de synthèse périodiques qui permettent à un groupe de régénérer sa vision collective et de concentrer ses énergies sur les bonnes choses.
Ceci me mène à un autre moment de ma semaine où j’ai effectué des rencontres individuelles de suivi chez un client avec qui j’effectue une réflexion stratégique. Celui-ci me confiait à quel point il était «facile de prendre des décisions difficiles(!)» quand on sait clairement où l’on s’en va! C’est toute la force d’un processus de visionnement, d’exploration et de questionnement collectif.
Je termine sur ce sujet (qui fut en fait le thème émergent de ma semaine !) en constatant que la plupart des organisations accordent trop peu de temps à ces moments d’exploration en groupe. On se limite à de rares lacs-à-l’épaule lorsqu’on sent qu’il est trop difficile d’avancer sans prendre le moment de se parler…. Peu d’organisions pensent à créer de tels moments à l’intérieur des opérations quotidiennes. Ceux qui réussissent le mieux sur ce point comprennent que certains sujets ou certaines questions fondamentales doivent être approfondis afin de permettre au groupe d’avancer efficacement. Ils comprennent aussi qu’il est improductif d’attendre 6 voir 12 mois avant de leur dédier quelques heures. À ce titre, j’explore depuis quelques années les diverses formules qui permettent à une équipe de créer de tels moments périodiquement à travers la vie courante de l’organisation. Plusieurs formules fonctionnent et sont faciles à mettre en place (par exemple, je travaille avec des équipes de direction qui ont décidé de consacrer un comité de direction par mois (1 sur 4) à approfondir 1 ou 2 sujets clés pour leur organisation). Toutes exigent cependant de comprendre la nécessité d’identifier les questions les plus importantes pour le groupe et d’y consacrer un temps commun nécessaire.
Voilà pour ma pensée de la semaine!
Je vous laisse en vous recommandant cet article de l’Agora sur le dernier livre d’Edgar Morin intitulé «la voie». Pour vous donner l’eau à la bouche, voici quelques citations que cet article tire du livre :
Pour agir, il faut espérer. «La Voie» est d’abord destiné aux jeunes dont plusieurs sont désespérés au point de ne pas vouloir mettre d’enfant au monde. Il se termine sur ces pensées: «L’espérance est ressuscitée au cœur même de la désespérance. L’espérance n’est pas synonyme d’illusion. L’espérance vraie sait qu’elle n’est pas certitude, mais elle sait que l’on peut frayer un chemin en marchant (« caminante no hay camino, se hace el camino al andar »). L’espérance sait que le salut par la métamorphose, bien qu’improbable, n’est pas impossible. Mais l’espérance n’est qu’illusion si elle ignore que tout ce qui ne se régénère pas dégénère. Comme tout ce qui vit, comme tout ce qui est humain, les voies nouvelles sont sujettes à dégradations, avilissements, scléroses. »
et
«Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre, ou bien se révèle capable de susciter un métasystème à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose.» Cette idée de métamorphose est plus proche de celle de résilience que de celle de révolution: « La notion de métamorphose est plus riche que celle de révolution. Elle en garde la radicalité novatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, des cultures, du legs de pensées et de sagesses de l’humanité).
Bonne semaine!





Caroline…great to hear that your thinking on harvesting is developing. I will stay tuned and happy to stay in connection with what you guys learn and practice. Perhaps share things on teh AoH ning as well, if you crack stuff that is really useful.